Article - Et les backrooms furent

Crédits: inconnu /

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060726

Sur une vieille moquette humide, des murs tapissés de papier peint jaune délavé sont éclairés par une ribambelle de néons grésillants. Bienvenue dans les Backrooms, la quintessence de l’horreur liminale, cette vallée de l’étrange architecturale, où les pièces vides s’enchaînent dans un labyrinthe infini.

Ce plan débullé a été pris en 2002 par le proriétaire d’un magasin de meubles de la petite ville américaine d’Oshkosh, dans le Wisconsin, qui faisait des rénovations et publiait les avancées sur son blog. Reposté sur le forum 4chan en 2019, le fichier devient le point de départ d’une sinistre légende urbaine que de nombreux internautes, dont le réalisateur Kane Parsons, contribueront largement à alimenter.

Ce lieu dépourvu de lumière naturelle serait le premier aperçu d’une dimension parallèle dans laquelle il serait possible de tomber en passant à travers une paroi, à l’instar d’un bug de jeu vidéo. Habité par des entités aussi obscures que surnaturelles prêtes à surgir à chaque recoin, cet univers serait constitué d’une kyrielle de niveaux à l’architecture eschérienne vouée à acculer les plus intrépides de ses explorateurs. Si ce cliché fascine tant, c’est qu’il apparaît comme une preuve de la théorie de la simulation et que son inquiétante étrangeté ouvre la porte à une nuée de vertiges numériques.