Crédits: Pierre Huyghe, Liminals, 2025. Film still. Commissioned by LAS Art Foundation and Hartwig Art Foundation. Courtesy the artist. © Pierre Huyghe / VG Bild-Kunst, Bonn, 2026 /
Crédits: Pierre Huyghe, Liminals, 2025. Film still. Commissioned by LAS Art Foundation and Hartwig Art Foundation. Courtesy the artist. © Pierre Huyghe / VG Bild-Kunst, Bonn, 2026 /
Crédits: Pierre Huyghe, Liminals, 2025. Film still. Commissioned by LAS Art Foundation and Hartwig Art Foundation. Courtesy the artist. © Pierre Huyghe / VG Bild-Kunst, Bonn, 2026 /
300326
Les puissantes Dance Stacks du Berghain ont l’habitude de faire vrombir les corps de la faune berlinoise. Invité par LAS en janvier 2026 pour investir l’imposante Halle, la partie nord de l’ancienne centrale thermique reconvertie en club, Pierre Huyghe a décidé de faire vrombir nos âmes face à sa dernière création intitulée Liminals, une brèche dimensionnelle qui nous précipite dans les abîmes du monde quantique.
Pour arriver jusqu’à elle, il faut ajuster nos sens, braver les ténèbres et tendre l’oreille. Le crissement de nos pas sur le sol en béton se mêle à l’écho du crépitement minéral de la vidéo projetée sur un écran colossal de 81 mètres carrés. On y découvre une silhouette féminine sans visage. À la place, un sombre vortex. Elle déambule, en boucle, sur une surface rocailleuse. Des amas de roches se parent de reflets de chair. Des glitchs viennent tordre son corps nu, puis s’attaquent à la pierre, qui devient une mixture digitale. Des particules se mettent à virevolter et, soudain, notre protagoniste se retrouve au bord d’un immense gouffre. Le vide se met à rugir. Ce son, pétrifiant, c’est celui de la matière qui oscille et des multitudes qui s’amassent. Entouré de chercheurs, Huyghe s’est amusé à simuler les vibrations des atomes neutres d’un ordinateur quantique. Avec cette installation aussi sensorielle que métaphysique, il nous confronte à l’essence glaçante de l’infini.