Crédits: Seowon Nam, courtesy of Art Sonje Center /
Crédits: Seowon Nam, courtesy of Art Sonje Center /
Crédits: Seowon Nam, courtesy of Art Sonje Center /
050126
Janvier 2026. On est à Séoul, en Corée du Sud à l’Art Sonje Center. Pour célébrer ses 30 ans, le musée a invité l’artiste Adrián Villar Rojas. Grâce à Time Engine, un logiciel de simulation numérique personnalisé, cet argentin élabore des mondes qui modélisent pour lui. De cet outil émergent des sculptures chimériques que ses équipes et lui s’appliquent à reconstituer minutieusement dans notre monde à nous.
L’artiste a donc décidé de plonger le bâtiment dans une dimension nouvelle, parallèle ou ultérieure, en en reconfigurant l’espace et le parcours. Pour cela, il a laissé ses agents hybrides se mêler à la flore locale et prendre possession des lieux. L’institution laisse place à un écosystème post-humain, sauvage et inédit.
Au deuxième étage, cet imposant glitch semble avoir été soudainement téléporté, là, par un futur qui aurait profité d’une faille temporelle pour nous renvoyer un fragment fraîchement exhumé. Aussi fascinant qu’il soit, cet amas composite de débris industriels et naturels, figés dans des strates de béton, de résine et de terre, est un vestige bien sinistre de notre passage sur Terre. En nous confrontant à ce mastodonte, Villar Rojas distend l’espace-temps et nous permet de considérer une échelle qui habituellement nous dépasse: celle de l’Anthropocène.