crédits: Markus Tretter for Monira Al Qadiri, Kunsthaus Bregenz - Courtesy of the artist and König Galerie /
crédits: Markus Tretter for Monira Al Qadiri, Kunsthaus Bregenz - Courtesy of the artist and König Galerie /
crédits: Markus Tretter for Monira Al Qadiri, Kunsthaus Bregenz - Courtesy of the artist and König Galerie /
160226
Réalisée en 2023 pour le KUB de Brégence, cette imposante machine qui tourne lentement sur elle-même fait partie d’une série de sculptures conçues par Monira Al Qadiri. Avec cette tour de 2,65 mètres de haut, intitulée Alien Technology (Tower), l’artiste koweïtienne vient une nouvelle fois piocher dans les artefacts de la pétro-culture. Elle agrandit un trépan de forage et le recouvre d’une pellicule nacrée pour le transposer dans un monde fictionnel, régi par un pétrole qui aurait muté en une entité extra-terrestre.
Décrassée des couches de roches et de terre qu’elle a meurtries, décapée par les sables ou lavée par les eaux salines, cette arme excavatrice pointe désormais ses dents immaculées vers les cieux. Ses reflets irisés rappellent ceux de la perle, industrie phare de la région du Golfe supplantée par celle des hydrocarbures au milieu du XXe siècle. Tous deux reposent sur le même phénomène physique. Ce scintillement polychrome a su hypnotiser notre rétine pour nous faire plonger dans une frénésie extractiviste interminable. Ainsi, l’or noir est devenu aussi vital que sacré, aussi magique qu’aliénant. Éblouis par ses métamorphoses constantes, on en oublierait son caractère épuisable. Il serait pourtant bien temps de nous dépêtrer de cette sombre mélasse.